Présentation globale de l'événement
La transition agroécologique nécessite le développement d’agro-équipements adaptés et de technologies numériques innovantes. Cela implique de nouvelles recherches, des expérimentations sur le terrain et une industrialisation pensée en lien avec les besoins des agriculteurs et des filières. Ces technologies doivent répondre aux exigences des systèmes agroécologiques complexes tout en intégrant pleinement les enjeux de durabilité environnementale et socio-économique.
Le PPR Cultiver et Protéger Autrement s'associe aux PEPR Agroécologie et Numérique, aux Carrefours de l’Innovation INRAE, à Agreenium, au Grand Défi Robotique Agricole, au Lycée Agricole de Toulouse-Auzeville (Cité des Sciences Vertes) pour proposer une journée de rencontre autour des agroéquipements et des technologies numériques pour une protection durable des cultures.
Cette journée à destination de l’ensemble des parties prenantes prévoit une discussion élargie des enjeux, des avancées et des perspectives des agroéquipements et des technologies numériques dans le cadre de la réduction des pesticides.
Le programme prévoit de présenter et d’échanger des enjeux éthiques et sociaux liés aux agro-équipements et technologies numériques dans la transition vers la réduction des pesticides, de présenter les innovations mobilisables pour l’observation, l’analyse et la décision dans une stratégie d’épidémiosurveillance et pour la prophylaxie. Il mettra en lumière la complémentarité entre les solutions et analysera les conditions de leur adoption et leurs impacts tout en questionnant l’accompagnement nécessaire en matière de formation, de conseil, d’organisation collective et de modèles économiques.
Programme
9h - Ouverture
- 9h : Mot de bienvenue - Direction du lycée agricole de Toulouse-Auzeville - Aurore LOUIS (Directrice de la Cité Sciences Vertes)
- 9h05 : Contexte et présentation des dispositifs de recherche - Laure LATRUFFE (Directrice Scientifique du PPR Cultiver et Protéger Autrement, INRAE)
9h15 - Introduction et enjeux
- 9h15 : Introduction de session - Claire ROGEL-GAILLARD (Directrice Scientifique du PEPR Agroécologie et Numérique, INRAE)
- 9h20 : Agroécologie : Quelle place des agroéquipements dans la protection durable des cultures ? - Xavier REBOUD (INRAE)
- 9h40 : Innovation responsable et enjeux sociaux : Quels défis pour les agroéquipements dans le cadre de la réduction des pesticides ? - Pierre LABARTHE (INRAE)
- 10h : Temps d’échange
10h15 - Observer et décider pour mieux anticiper
- 10h15 : Introduction de session - Cédric SEGUINEAU (Directeur du Grand Défi Robotique Agricole, RobAgri)
- 10h20 : Observer et caractériser l’environnement : Exemple du projet AGROECOPHEN (PEPR Agroécologie et Numérique) - Tania ROUGIER (INRAE)
- 10h35 : Intégrer les solutions et exploiter les outils : Comment le numérique révolutionne les itinéraires techniques ? - Grégoire DUPRE (ABELIO)
- 10h50 : Modéliser et accompagner la décision : Retour d’expérience d’un conseiller en technologies numériques - Guillaume LAPLACE (Chambre d'agriculture de Haute-Garonne)
- 11h : Temps d’échange
11h15 - Pause café
11h30 - Concevoir et mobiliser la diversité des agro-équipements
- 11h30 : Introduction de session - Corentin LEROUX (Aspexit - Wiki Agri Tech)
- 11h35 : Exemples de pratiques et d’équipements mobilisés : Interventions des étudiants du lycée agricole de Toulouse-Auzeville
- 12h : Temps d’échange
12h15 - Repas offert
13h30 - Concevoir et mobiliser la diversité des agro-équipements (suite)
- 13h30 : Regards croisés - Diversité, utilité et complémentarité des agro-équipements dans la protection durable des cultures :
- Apports de la recherche-innovation et de la transformation : Roland LENAIN (INRAE)
- Point de vue d’un constructeur d'agro-équipements : Lionel LEVEILLE (Groupe BUREL-SKY Agriculture)
- Regard panoramique d’un institut technique : Stéphane JEZEQUEL (Arvalis)
- Initiatives pour l’auto-construction de matériel : Chloé SALEMBIER (INRAE)
- Retour d’expérience d’un conseiller en agro-équipements et agriculteur en AB : Florent GEORGES (Fédération des CUMA Gers-Hautes-Pyrénées)
- Animation : Corentin LEROUX (Aspexit - Wiki Agri Tech)
- 14h30 : Temps d’échange
14h45 - Pause café
15h - Explorer les évolutions et évaluer l’accompagnement
- 15h : Introduction de session - Xavier REBOUD (Chargé de mission agroéquipements et numérique au sein de la Direction Scientifique Agriculture d’INRAE)
- 15h05 : Table ronde - Quels leviers collectifs et accompagnement pour quel(s) modèle(s) agricole(s) ?
- Modèles agricoles et travail : Pierre LABARTHE (INRAE)
- Accompagnement de la montée en compétence : Damien TREMEAU-BUSSON (ENSFEA)
- CUMA et coopératives comme leviers organisationnels : Damien ROUSSELIERE (L’Institut Agro Rennes-Angers)
- Vision politique : Hervé DURAND (CGAAER, Ministère en charge de l'Agriculture)
- Animation : Xavier REBOUD (INRAE)
- 16h : Temps d’échange
16h15 - Clôture
- 16h15 : Conclusion - Christian LANNOU (Directeur Scientifique Adjoint Agriculture d’INRAE)
16h30 - Fin
Retour sur l'événement
La Rencontre Chercheurs – Professionnels 2025 a réuni chercheurs, professionnels du monde agricole, acteurs du conseil et étudiants autour d’un objectif commun : analyser les apports des agro-équipements et des technologies numériques dans la réduction des pesticides, et plus largement dans la transition vers des systèmes de protection des cultures plus durables.
Cette journée de dialogue a permis de croiser les regards scientifiques, techniques, économiques et sociaux, en s’appuyant sur des travaux de recherche, des retours d’expérience de terrain et des échanges nourris avec les participants.
Des dispositifs de recherche structurants pour accompagner la transition agroécologique
La journée s’est ouverte par une mise en perspective des enjeux de recherche par Claire Rogel-Gaillard, directrice scientifique du PEPR Agroécologie et Numérique (INRAE) qui a rappelé le cadre stratégique dans lequel s’inscrivent ces travaux : le Plan d’Investissement France 2030, doté de 54 milliards d’euros, et la Stratégie d’Accélération pour le Développement de l’Agriculture Écologique et Numérique (SADEA).
Ces dispositifs visent à soutenir des programmes de recherche à fort potentiel. Les Programmes et Équipements Prioritaires de Recherche (PPR et PEPR) ainsi que les Grands Défis constituent des leviers structurants pour financer la production de connaissances et le transfert des innovations vers les acteurs de terrain.
Agroéquipements et agroécologie : enjeux, complémentarités et leviers d’action
Xavier Reboud (INRAE) a ensuite proposé une analyse de la place des agro-équipements dans la protection durable des cultures. Il a rappelé que l’agriculture moderne s’est historiquement construite sur la chimie et la mécanisation, conduisant à une augmentation des surfaces cultivées, une réduction de la pénibilité du travail, mais aussi à une simplification des systèmes de culture.
Dans ce contexte, la question n’est pas tant de rejeter la technologie que d’interroger son orientation : peut-elle accompagner un retour vers des systèmes plus compatibles avec les limites planétaires ?
L’agroécologie, fondée sur la mobilisation et le renforcement des processus naturels, repose sur des principes de résilience, de protection des ressources et d’optimisation de la biomasse. La technologie peut soit renforcer la standardisation des systèmes, soit au contraire soutenir ces principes, par exemple via le phénotypage, la diversification des cultures ou l’agriculture de précision.
Plusieurs pistes technologiques ont été discutées : automatisation des interventions grâce au géoréférencement et aux algorithmes, remplacement de machines lourdes par des flottes de robots légers spécialisés (désherbage mécanique, broyage des couverts), ou encore dispositifs visant à renforcer les défenses des plantes, comme l’utilisation ciblée d’UV-C. Des approches innovantes de conduite des cultures ont également été présentées, à l’image du blé semé dans un couvert pérenne de luzerne, permettant d’améliorer les rendements, de fournir de l’azote et de se passer d’herbicides.
Si le potentiel agronomique est réel, le coût élevé de certains équipements reste un frein majeur. Les discussions ont souligné la nécessité de dispositifs d’accompagnement et d’aides mieux ciblées, d’autant plus que les bénéfices environnementaux – par exemple la réduction des coûts de dépollution de l’eau – rendent ces investissements socialement rentables. Les enjeux ne sont donc pas uniquement techniques, mais aussi économiques, sociaux et politiques.
Innovation responsable, usages et conditions d’adoption
Pierre Labarthe (INRAE) a apporté en parallèle un éclairage en sciences humaines et sociales sur les défis liés à l’innovation responsable et à la réduction des pesticides. L’agriculture de précision ne peut être analysée uniquement sous l’angle de l’adoption technologique : les conditions d’appropriation, les relations de confiance et les modalités d’accompagnement sont déterminantes.
La technologie est plus facilement adoptée lorsqu’elle est portée par des acteurs de confiance, notamment les conseillers. À l’inverse, certaines innovations sont intégrées de manière contrainte, par exemple via des contrats passés avec des coopératives. Par ailleurs, même lorsque les outils d’aide à la décision sont performants, des écarts persistent entre recommandations et pratiques réelles, pouvant conduire à une automatisation ou une standardisation non souhaitée.
Les échanges ont mis en évidence l’émergence de nouveaux acteurs dans la diffusion des équipements, le rôle croissant des réseaux sociaux comme espaces d’apprentissage entre pairs, et la nécessité d’aller au-delà des notions d’acceptation pour partir des usages réels et des conditions de travail des agriculteurs.
Observer, caractériser et décider : le rôle central des données
La seconde partie de la journée a été consacrée à l’observation et à l’aide à la décision. Cédric Séguineau (RobAgri) a introduit les enjeux liés à la caractérisation fine de l’environnement de culture.
Tania Rougier (INRAE) a présenté les travaux du projet AGROECOPHEN, illustrant les avancées du phénotypage à différentes échelles, depuis les molécules jusqu’à la parcelle. Les technologies actuelles (capteurs, caméras, lidar, plateformes expérimentales, …) permettent de caractériser des cultures pures ou en mélange, de suivre la compétition entre espèces et d’évaluer leur état physiologique. Si l’intelligence artificielle permet d’automatiser une partie de l’analyse, l’intervention humaine reste essentielle, notamment pour l’annotation des données.
D’autres applications, comme le phénotypage des ravageurs, ont montré le potentiel du numérique pour réduire la pénibilité du travail et améliorer la réactivité des interventions, à condition de standardiser les pratiques et d’obtenir une reconnaissance réglementaire des méthodes.
Des données aux itinéraires techniques : intégration, accompagnement et limites
Grégoire Dupré (Abelio) a rappelé que les itinéraires techniques reposent sur l’exploitation de données multiples (agronomiques, météorologiques, issues de la proxidétection ou de la télédétection) pour anticiper les interventions et cibler les apports. Ces outils permettent des préconisations fines en matière de fertilisation, de protection des cultures ou d’irrigation, mais restent dépendants de la qualité des données et des limites des modèles.
Le retour d’expérience de Guillaume Laplace (Chambre d’agriculture de Haute-Garonne) a mis en lumière l’importance du facteur humain. L’adoption des outils numériques nécessite un accompagnement de proximité, une formation des prescripteurs et des agriculteurs, ainsi qu’un suivi dans le temps pour analyser les réussites et les échecs. La confiance et les échanges entre pairs apparaissent comme des leviers majeurs du déploiement.
Les discussions ont également abordé la question de la propriété des données, la différence de rythme entre diffusion des équipements matériels et évolution rapide du numérique, ainsi que l’élargissement des critères de performance en agroécologie, intégrant désormais des dimensions environnementales et sociales.
Diversité et complémentarité des agro-équipements : un enjeu clé pour la transition
Cette séquence a mis en avant la diversité des pratiques et des équipements, à travers notamment les travaux menés par des étudiants en agronomie sur le désherbage mécanique de précision.
Les retours de terrain, notamment issus des travaux d’enquête menés par les étudiants du lycée agricole de Toulouse Auzeville et de l’ENSAT, ont illustré la pluralité des stratégies de désherbage aujourd’hui mises en œuvre. Celles-ci vont de systèmes encore dépendants des herbicides à des approches combinant interventions chimiques et mécaniques, voire à des stratégies reposant exclusivement sur le désherbage mécanique. Cette diversité se traduit par une large gamme d’outils, en particulier les bineuses de précision guidées, dont l’efficacité dépend étroitement du stade de la culture, des conditions du sol et de la capacité d’organisation du travail.
Au-delà du désherbage, la diversité concerne également les équipements de semis et de gestion des couverts, avec une palette d’outils allant du semis direct à disque ou à dent au semis sous couvert, en passant par le semis à la volée ou les dispositifs multi-trémies. Ces équipements permettent d’explorer des itinéraires techniques intégrant plantes compagnes, mélanges variétaux ou cultures associées, contribuant à la réduction des pressions adventices, ravageurs et maladies, et donc au recours aux produits phytosanitaires. Les équipements de destruction des couverts et de gestion de l’interculture constituent un autre maillon essentiel. Rouleaux, broyeurs, déchaumeurs à dents ou à disques, voire labour ou interventions chimiques, sont mobilisés selon des logiques très différentes, démontrant l’importance d’une approche systémique de l’équipement agricole. Le choix d’un outil ne peut être dissocié de l’ensemble de l’itinéraire technique, ni des contraintes de calendrier et de main-d’œuvre.
Les discussions ont également mis en lumière les enjeux organisationnels et collectifs, notamment au sein des CUMA. La mutualisation des équipements favorise l’accès à des technologies coûteuses et diversifiées, mais soulève des questions d’équité d’usage et de synchronisation des interventions, particulièrement pour des opérations sensibles au calendrier, comme le binage. Ces contraintes renforcent le rôle du conseil et de la coordination collective dans l’appropriation des agro-équipements.
Le regard croisé entre acteurs qui a suivi a permis de souligner que la complémentarité des agro-équipements repose également sur la flexibilité des outils et les modalités d’accompagnement qui en dépendent.
Du point de vue de la recherche-innovation, il a été souligné la nécessité de penser des agro-équipements flexibles, adaptés à la diversité des situations de travail et capables d’évoluer avec les changements de pratiques. Les systèmes agroécologiques, caractérisés par une plus grande diversité biologique et des interactions complexes, nécessitent des outils capables d’intervenir de manière fine, ciblée et adaptable. Les travaux présentés, notamment dans le cadre de projets du PEPR Agroécologie et Numérique, ont mis en avant le potentiel d’équipements autonomes et robotiques allant au-delà de l’automatisation classique, tout en rappelant que leur déploiement se heurte à des verrous scientifiques (robotique, agronomie) et sociétaux (acceptabilité, organisation du travail).
En termes de recherche appliquée, il a été rappelé la nécessité de combiner les innovations à l’échelle du système de production. Les pistes prometteuses reposent des fronts de science allant de l’écologie chimique, du microbiote et de la génomique aux agro-équipements et aux technologies numériques. Tous les niveaux de rupture doivent faire partie de la balance afin d’arriver à proposer des solutions disponibles pour les producteurs. Tout en rappelant que ces niveaux de rupture sont indépendants du temps nécessaire à la recherche pour atteindre une application concrète, processus qui s’inscrit nécessairement dans la durée.
Dans cette perspective, Arvalis conduit plusieurs projets de recherche appliquée croisant des innovations matérielles, telles que le guidage RTK de précision pour la gestion de l’inter-rang, avec des travaux en génétique sur des blés plus compétitifs et des luzernes adaptées, ainsi qu’avec des approches de phénotypage visant à mieux comprendre et analyser les performances. Ces dispositifs sont enfin éprouvés en conditions réelles, en lien étroit avec les agriculteurs, afin de tester et d’ajuster le déploiement de ces pratiques innovantes.
Du point de vue industriel, le Groupe BUREL-SKY Agriculture a rappelé qu’il n’existe pas de solution technologique immédiate permettant une réduction massive et généralisée des pesticides. En revanche, la combinaison de plusieurs équipements, du travail superficiel du sol, du semis multi-trémies, des associations de cultures, de l’allongement des rotations, en passant par une logique de conservation des sols peut permettre de faire évoluer progressivement les itinéraires techniques et de réduire significativement les usages de produits phytosanitaires et d’engrais minéraux.
Enfin, les CUMA ont été identifiées comme des acteurs structurants, facilitant l’accès collectif à une diversité de technologies et offrant un cadre propice à l’expérimentation et à l’adaptation locale des innovations.
Les échanges ont souligné que les fonctions attendues des agro-équipements dépassent la seule lutte curative. De la prophylaxie à l’observation fine du champ, en passant par des interventions ciblées et modulées, les agro-équipements sont appelés à jouer un rôle central dans des stratégies de protection intégrée. Cette évolution implique une diversification de l’offre technologique, malgré des modèles économiques contraints, notamment en grandes cultures à faible revenu par hectare.
Quels leviers collectifs pour accompagner les transitions ?
La table ronde finale, animée par Xavier Reboud (INRAE), a permis de discuter des leviers collectifs nécessaires à l’adoption et à la diffusion des technologies : modèles économiques, organisation du travail, évaluation et réglementation, rôle du conseil, de la formation, des coopératives et des politiques publiques. Les échanges ont mis en évidence la nécessité d’un accompagnement cohérent, articulant innovation technique, montée en compétences et réflexion sur les modèles agricoles. Ce n’est qu’à cette condition que les agro-équipements pourront contribuer durablement à la réduction des pesticides et au renforcement de la résilience des systèmes agricoles.
Conclusion
En conclusion, Christian Lannou (INRAE) a rappelé que les agro-équipements et les technologies numériques constituent des leviers essentiels, mais complémentaires, pour renforcer la résilience des systèmes agricoles et réduire le recours aux pesticides. La protection durable des cultures repose sur la combinaison de solutions techniques, d’observation fine, de modélisation, d’accompagnement humain et de cadres collectifs adaptés.
Cette rencontre a confirmé qu’aucune solution unique ne peut répondre à la complexité des enjeux actuels, et que les trajectoires les plus robustes s’appuient sur la mutualisation, l’expérimentation et l’innovation collaborative, au plus près des réalités du terrain.
Informations pratiques
L'événement se tient le jeudi 11 décembre 2025, 9h - 16h30 (accueil café dès 8h30). L'inscription est gratuite mais obligatoire. En cas de désistement, merci de nous écrire à l'adresse : ppr-cpa@inrae.fr.
ENSFEA, Cité des Sciences Vertes, 2 Route de Narbonne, 31320 Castanet-Tolosan